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Sept, c'est le premier et seul mook (contraction de «magazine» et de «book» en anglais) de Suisse.
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La Suisse a joué un rôle primordial dans l'évolution du football. Dès les années 1880, les premiers clubs voient le jour sous l'impulsion des Britanniques installés ou de passage dans le pays. Grâce à eux, ce sport se professionnalise et se démocratise. Retour sur une histoire méconnue.
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Une image vue à la télévision en 1986 m’a fait basculer : des guérilleros karens lavant le corps d’un des leurs, tué dans la jungle birmane. Je ne savais rien de ce conflit, ni même de ce pays, mais j’ai su que j’irais sur place. Quelques mois plus tard, jeune journaliste à Paris, je partais en free-lance vers ce maquis oublié.
Depuis plus d’un siècle, des entomologistes amateurs allemands collectent, classent et observent les insectes. Leurs relevés révèlent un effondrement vertigineux des populations, y compris au cœur des réserves naturelles. Une disparition discrète qui menace toute la chaîne du vivant.
Quand l’ordre vacille, la mutinerie n’est jamais loin. Traqués par la couronne britannique, ballottés entre loyautés fragiles et désirs de pillage, les équipages pirates se fissurent. Dans ce climat de défiance et de révolte, Anne Bonny impose son autorité, tranche dans le chaos et assume désormais le commandement, au risque de faire basculer la violence contre les siens.
Marxiste devenu critique féroce du marxisme, révolutionnaire méfiant envers toutes les chapelles, économiste, psychanalyste et philosophe, Cornelius Castoriadis a pensé comme peu d’autres l’autonomie des sociétés. La réédition en poche de la biographie que François Dosse lui consacre rappelle l’actualité brûlante d’une œuvre exigeante, libre et trop peu lue.
À Buôn Tour, la Srepok s’ouvre sur les marchés du sel et la liesse d’une naissance. Bientôt, cap sur le Haut Krong Ana, ses marais glacés, ses sangsues, ses calaos et ses légendes.
En 2013, la journaliste de voyage Joanna Dunis a longé la mer Noire de l’Ukraine à l’Abkhazie, sur les traces d’un monde englouti. Un été avant que tout ne bascule.
Avant d’être un nom gravé dans l’histoire littéraire, Cendrars fut un écrivain sans argent, sans certitude, mais déjà lancé à pleine vitesse dans sa propre invention. Ses lettres à Auguste Suter révèlent un homme nerveux, brillant, dépendant aussi d’un ami sculpteur que la postérité a laissé dans l’ombre.
Je suis partie sur les routes d’Amérique du Sud avec un sac à dos, quelques carnets et une faim d’ailleurs. Pendant trois ans, j’ai traversé des frontières visibles et invisibles, partagé des tables familiales, des rituels, des peurs et des élans de grâce. En Argentine et en Bolivie, la Pachamama m’a appris à ralentir, à écouter la terre, à douter aussi. Ce récit est celui d’un voyage au long cours, fait de rencontres lumineuses, de vertiges, de violences inattendues et de moments suspendus où l’on ne sait plus très bien qui l’on est, sinon un corps en marche, attentif au monde.
Børge Ousland, géant discret des déserts blancs, a conquis les deux pôles en solitaire et en autonomie totale. Salué par Jean-Louis Étienne, ce Norvégien taiseux incarne une aventure polaire brute, loin du vacarme médiatique.
Vingt et un ans après y avoir débuté comme stagiaire, je retrouvai le bureau de l'ambassadeur à Londres. Entre la remise de mes Lettres de créance à la reine et la tempête des fonds juifs en déshérence, je vécus six années au cœur d'une relation bilatérale aussi ancienne que discrète.
Ancien gardien, entre autres, de l’Olympique de Marseille, Pascal Rousseau vit en Gruyère avec une énigme plantée au cœur de son existence. En 2019, il perd connaissance et se réveille sans passé, sans souvenirs, sans même reconnaître son propre nom. Depuis, l’ancien portier, victime d'une amnésie dissociative rétrograde, reconstruit sa vie comme on remonte un match effacé par la brume : une image après l’autre, un témoignage après l’autre, face à une mémoire qui reste une cage vide. Une vie qu'il raconte dans le poignant Amnésique.
Beni Ounif s’agite: près de deux mille chameaux, goums en fanions, tirailleurs en toile blanche, caisses pour Taghit, Igli, Beni Abbès… À l’aube, prières, cris bédouins, poussière d’or et plainte continue des bêtes. Plus tard, un banc à Djenan Ed Dar, une Bible lue par un légionnaire, puis les ombres des zaouïas de Figuig.
Le Prix Fabrizio Calvi du roman graphique d’enquête 2026 a récompensé Le dernier costume n’a pas de poches, de Laurent Galandon et Paolo Castaldi, publié chez Futuropolis. En distinguant ce récit consacré à Chamesddine Marzoug, qui enterre dignement en Tunisie les migrants morts en mer, le prix salue une œuvre puissante, entre enquête, mémoire et humanité. Partenaire de cette première édition, Sept réaffirme son engagement pour la littérature du réel et les récits qui redonnent chair aux drames de notre temps.
Au cœur d’un Myanmar en transition, une rencontre entre deux femmes, l’une guide locale, l’autre voyageuse à moto, révèle, derrière la beauté sereine du paysage, les fractures d’un pays encore sous contrôle. A travers le regard de Thanda, surgit l’espoir timide d’un mot longtemps interdit: liberté.
Dans les Ardennes de 1938, un Blaise Cendrars en panne d’écriture rencontre Élisabeth Prévost, aventurière libre, cavalière, voyageuse, tireuse d’élite et femme d’une curiosité insatiable. Une histoire d’amitié amoureuse, de forêt et de littérature retrouvée.
Bruno Giussani alerte sur un basculement majeur : l’information, hier produite par des humains, est désormais générée par des machines. Dans son Manuel de résistance à l’emprise technologique, il invite à reprendre la main sur nos outils, notre attention et notre souveraineté cognitive.
Entre la poussière rouge du sirocco et la nuit des ksour, tout vacille: ivresses bleues, thé menthe, rhaïta, lézards au mur tiède, larmes d’une bête et prière d’une folle. Le désert observe, immobile, et les mélopées bercent les vivants jusqu’à l’aube.
Carnet en main, je débarque à Taïwan sans autre boussole que mes sens fatigués et une attirance ancienne pour les îles. Très vite, je comprends que Formosa ne se traverse pas, elle se négocie. Avec la pluie des typhons, les dieux des temples, la mer qui attire autant qu’elle effraie, et cette modernité disciplinée qui serre les villes avant de céder, soudain, à la forêt, aux montagnes et aux rivages volcaniques. Je voyage au rythme des rencontres, des processions, des silences et des corps éprouvés. Entre béton et cyprès millénaires, rites sanglants et baignades interdites, je marche dans une île peuplée d’esprits, où les vivants cohabitent avec les morts, et où chaque pas devient une tentative de fuite, d’écoute et d’abandon.
La mer n’est plus seulement un terrain de jeu ou de conquête. Elle devient un champ de bataille idéologique. Face à l’amnistie royale et à la traque méthodique des flibustiers, Anne Bonny choisit la fuite en avant. Refuser de se rendre, défier le pouvoir, organiser la survie d’un monde menacé : à mesure que l’étau se resserre, son nom cesse d’être une rumeur pour devenir un symbole que l’autorité entend abattre.
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Sept mook est notre trimestriel qui propose les meilleures histoires du site sept.info sur papier. Cet ouvrage, un beau-livre vendu au prix d'une revue, est aussi le premier mook de l'histoire qui se lit et s'écoute grâce à nos audio-mooks.
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Sept mook #54
En 1986, une image aperçue à la télévision bouleverse Thierry Falise : dans un ruisseau de la jungle birmane, des guérilleros karens lavent le corps de l’un des leurs, tué dans une embuscade. Il ne sait presque rien de ce pays fermé, ni de cette guerre oubliée. Mais il sait déjà qu’il ira.
L’année suivante, le photographe et reporter, qui deviendra l’un des meilleurs connaisseurs de l’Asie du Sud-Est, quitte Paris pour rejoindre la frontière thaïlandaise. Pendant près de quarante ans, il retournera en Birmanie, devenue Myanmar, aux côtés des peuples en lutte et des guérillas ethniques. Il y rencontrera des moines révoltés, Aung San Suu Kyi, les trafiquants du Triangle d’Or, des humanitaires clandestins et des enfants soldats.
De la jungle karen aux territoires môns, des champs de pavot du pays wa à la révolution safran, du cyclone Nargis au coup d’État de 2021, ces onze récits composent une fresque rare, violente et charnelle.
À pied ou en train, sous la mousson, les obus et la peur, Thierry Falise raconte, textes et images, un pays complexe et fracturé. De reportage en reportage, il arrache la Birmanie aux marges où l’histoire l’a reléguée : un pays blessé, magnifique, indomptable, dont les peuples se battent pour ne pas disparaître.
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Sept mook #53
Huit textes, huit territoires, une même boussole: aller au plus près du réel, là où la beauté et la violence avancent ensemble. À Kyōto, la Voie du thé enseigne l’attention, la lenteur, la patience. Au Zanskar, un fleuve gelé conduit vers des villages suspendus hors du temps et un monastère accroché à la falaise. À Taïwan, temples, typhons, processions et mers inquiètes donnent corps à un monde traversé par l’invisible. Au Groenland, l’hôpital d’Uummannaq devient le décor d’une défaite intime face à la technocratie. Dans les Andes, remercier la Pachamama, c’est apprendre à marcher autrement. En Afrique, du delta de l’Okavango au pays maasai, l’aventure côtoie l’attente, le courage et le combat contre l’excision et les mariages forcés. En Chine enfin, dans les années 1930, quelques conservateurs luttent pour sauver les trésors de la Cité interdite. Ces récits disent ce que le voyage change en nous: le regard, le rythme, la façon d’habiter le monde.
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Sept mook #52
Jamaïque, été 1721. Anne Bonny attend la potence. Condamnée par la justice britannique, elle ne sera pendue qu’après avoir donné naissance à l’enfant qu’elle porte. Depuis sa cellule, elle se confie au capitaine Charles Johnson, chargé de consigner l’histoire des flibustiers. Ultime tentative pour reprendre la main sur son destin avant que la légende ne l’engloutisse. Pirate irlandaise dans un monde d’hommes, compagne de Jack Rackham, sœur d’armes de Mary Read, Anne Bonny impose sa place à coups de décisions et de sabre. Moi, Anne Bonny, femme d’abordage restitue de l’intérieur la piraterie, sans fard ni excuses. Un récit tendu signé Gérard A. Jaeger et Sonya Trolliet.
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Sept mook #51
En Suisse, entre la fin du XIXe siècle et les années 1980, des milliers d’enfants ont été retirés à leurs parents par les autorités et placés à la ferme, en foyer ou en institution. Beaucoup ont servi de main-d’œuvre, la plupart du temps gratuite. Ces mineurs y ont appris la peur et souffert en silence. On les appelle les enfants volés.
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Sept mook #50
Qui sont les nouveaux aventuriers? Pour Olivier Archambeau, géographe et président de la Société des explorateurs français, ce ne sont plus des Indiana Jones, mais des curieux du monde, animés par le désir de comprendre et de rencontrer. Avec la SEF, nous donnons la parole à quelques-uns d’entre eux: Marine Menier sur les traces du loup côtier en Colombie-Britannique, Stéphane Dugast sur l’île oubliée de Clipperton, Mélusine Mallender sur le lac Inle, et Romain Garrouste au cœur de la forêt guyanaise. Des récits qui prolongent l’esprit de Paul-Émile Victor: explorer, c’est donner sens à la vie.
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Sept mook #48
Audacieuse, libre et visionnaire, la Suissesse Monique Jacot (1934-2024) a marqué l’histoire de la photographie mondiale.
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Sept mook #49
Intrépides, pionnières et inspirantes: ces sept femmes extraordinaires ont brisé les conventions rigides et repoussé les limites imposées par leur époque pour ouvrir la voie à un journalisme engagé et profondément novateur au tournant des années 1900.
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Sept mook #47
A l’évocation du mot colonialisme, la Suisse ne vient presque jamais à l’esprit. Nous n’avons jamais possédé de colonies, c’est vrai, et pourtant, notre pays a joué un rôle important dans cette histoire.
À partir de CHF 15,00
Sept mook #46
La démocratie suisse est en crise. C’est le cri d’alarme qu’a lancé Dick Marty quelques mois avant de nous quitter le 28 décembre 2023, terrassé par un cancer. Cet homme juste et libre, successivement procureur général du canton du Tessin, conseiller d’Etat et conseiller aux Etats durant seize ans à Berne, a toujours eu le courage de ses opinions.
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Sept mook #44
Des images inédites, rares et somptueuses, voilà le riche menu de ce Sept mook n°44 consacré au photojournalisme. Un genre dans lequel s’est illustré le Vaudois Pierre Izard (1906-1998).
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Sept mook #45
Elles ont osé, les sept femmes que nous vous proposons de découvrir dans l’édition du Sept mook qui marque notre dixième anniversaire. Elles ont osé s’affranchir des codes, des conventions et des a priori de leur époque pour gagner leur liberté.
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Sept mook #43
C’est à une plongée inédite dans la pauvreté en Suisse que nous convie Charles Habib dans cette 43e édition de Sept mook. Durant quatre ans, ce photojournaliste suisse a côtoyé Benno, Michael, Rosario, Fabian, Urs et Dimitrij.
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Sept mook #42
Ce second tome de notre plongée dans les Mémoire(s) afghane(s) donne la parole à celles et ceux qui ont vécu, aimé et travaillé dans ce pays au patrimoine culturel richissime avant que les talibans ne reprennent le pouvoir en août 2021.
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Sept mook #41
Douée d’une énergie extraordinaire, d’un esprit indépendant et d’une curiosité très vive, Ella Maillart (1903-1997) fut l’une des plus formidables aventurières du XXe siècle. Ses récits de voyage, son œuvre photographique, ses reportages ont fait d’elle une autrice mondialement connue.
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Sept mook #40
Le photojournalisme suisse, auquel nous consacrons chaque année la dernière édition de Sept mook, regorge de pépites, parfois oubliées, souvent méconnues.
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Sept mook #39
Au carrefour de l’Occident et de l’Orient, du bouddhisme et de la culture grecque, puis de l’islam sous l’influence de la Perse, l’Afghanistan possède un patrimoine culturel richissime. Il suffit de relire les écrivains-voyageurs Joseph Kessel et Ella Maillart – dont nous publions des extraits de leur œuvre – pour s’en rendre compte.
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Sept mook #38
Parce que la mafia est une organisation clandestine et criminelle qui, tel un cancer, prospère et se développe à l’intérieur même de l’Etat, il est capital de pouvoir décrire ses intérêts, son fonctionnement et ses méthodes, souvent brutales et mortelles. Or enquêter sur cette société parallèle n’est pas chose aisée.
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Sept mook #36
A la fin de la Belle Epoque, les débuts de l'aviation fascinent. La presse, la littérature, le cinéma et la publicité s'emparent du sujet contribuant ainsi à la création d'une réelle ferveur autour de l'aviation. Les pilotes font alors figure de star ou de héros des temps modernes...
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Sept mook #37
Pendant quatorze ans, la taupe d’Al-Qaïda s’est jouée des services secrets, de l’armée et de la justice américaines. Une enquête inédite de Fabrizio Calvi qui montre comment l’architecte des attentats du 11 septembre a profité de la guerre CIA-FBI pour paver la route de la terreur islamiste.
À partir de CHF 15,00
Sept mook #35
Flamboyant, baroque, improbable responsable du FBI, John O’Neill tirait sur la vie comme sur ses cigares. Bagarres à mains nues, fusillades, deux femmes, deux foyers, des restaurants à la mode de New York aux bouis-bouis yéménites il promenait sa soif de vivre balayant tout sur son passage.
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Interviews
Le journaliste Christian Campiche s’est intéressé de près à l’histoire du Pays-d'Enhaut pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est là que les banquiers des grandes puissances actifs dans la BRI se sont retrouvés durant plusieurs mois. Il en a tiré un roman, Montbovon.
Patrick Deville est un écrivain pérégrin, toujours itinérant, jamais immobile. Depuis un quart de siècle, il entreprend une œuvre au long cours qui lui commande de circonscrire la planète entière. Rencontre.
En février 2015, Sri Tathâta rassemblait plus d’un million de personnes autour d’un rituel issu des temps les plus anciens, visant à «rétablir le dharma sur Terre». Les 15 et 16 novembre 2014, il bénissait quelques centaines de personnes à Yens (VD). Rencontre avec un être «supérieur» déconcertant.
Gay Talese, père du Nouveau Journalisme, publie son quarantième livre: Le Motel du Voyeur. Un reportage-récit qui plonge le lecteur dans les replis cachés de la sexualité américaine. Plus de trente ans d’observations quotidiennes de clients, à leur insu, dans les chambres d’un motel. Le journaliste et ses lecteurs se font voyeurs. Rencontre exclusive à New York.
Del Hahn, ancien agent du FBI, raconte comment Barry Seal faisait passer de la cocaïne pour le compte du cartel de Medellín et coopérait avec l'Agence de lutte contre la drogue américaine (DEA) avant que Pablo Escobar ne le fasse assassiner.
Préjugé visant à hiérarchiser les groupes humains, le racisme a précédé de beaucoup l’invention de la théorie des races, au XVIIIe siècle. En Europe, il s’est enraciné dans les conflits religieux et s’est accru à mesure que le continent étendait son hégémonie. Aujourd’hui, si les flux migratoires suscitent un regain de xénophobie, à plus long terme ils favoriseront la tolérance.
Pour l’historien Hans-Ulrich Jost, l’affaire des éoliennes fribourgeoises n’a rien de surprenant. «Ce mélange des intérêts privés et publics, ce soupçon de secret et ce manque de transparence, c’est simplement la marque de fabrique de la démocratie suisse. Sa force», analyse, sans langue de bois, l’auteur de très nombreuses recherches remarquées et remarquables sur la Suisse.
Bashkim Iseni avait 18 ans en 1989. Issu de la minorité albanaise de Macédoine – à l'époque l'une des six régions de la Yougoslavie –, il est parti étudier à Lausanne avant l'éclatement du pays. Il livre un récit intime de ces guerres vécues de l'extérieur.
Le célèbre écrivain Alaa al-Aswany, traduit en 35 langues à travers le monde, se confie tandis que son pays, l'Egypte, vit sous la coupe d'un régime totalitaire.
Jean Echenoz est discret et secret de nature. Ecrivain consacré (Médicis 1983, Novembre 1985, Goncourt 1999), il se distingue par son inventivité et son audace. Jongleur de mots malicieux et scrutateur circonspect d’un monde qui, plus souvent qu’à son tour, l’intrigue et le déconcerte.
Stefano Boroni
En 2002, les Sénégalais ont le vent en poupe: ils ont battu la France lors du premier match de la Coupe du monde et se hissent en quarts de finale. C’est l’euphorie.
À partir de CHF 30,00
Ruth Fayon, Patrick Vallélian
«C’est bien». Ce 15 avril 1945, Ruth Fayon est libérée par la 2e armée britannique. Elle a survécu à l’horreur de l’extermination des Juifs par les nazis. Mais l’adolescente juive originaire de Tchécoslovaquie n’a pas la force de se réjouir.
À partir de CHF 21,90
Gérard A. Jaeger
Grand reporter aux quatre coins de la terre et des sept mers qu’il a sillonnées sur le mode de l’écrivain voyageur, Gérard A. Jaeger rend compte dans L'ancre et la plume de ses réflexions d’historien et d’essayiste, de poète et de romancier; mais aussi de philosophe à l’écoute du monde.
À partir de CHF 30,00
Laurent Sciboz
Raconter une géographie, c’est le projet follement poétique de Laurent Sciboz dans La Suisse vue du ciel. A la fois écoresponsable et silencieuse, la démarche du pilote suisse met en valeur un horizon, saisi ni trop près ni trop loin, dans la juste distance imposée par le ballon.
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Séries
Reportage au fond du lac Pavilion, en Colombie-Britannique, où la NASA cherche des réponses à la question que les hommes se posent depuis toujours: qu’est-ce que la vie?
Dans la nuit du 26 ou peut-être celle du 27 mars 1938, le génie sicilien de la physique moderne Ettore Majorana disparaissait. La dramaturgie qu’il a écrite avant de se soustraire au monde semble l’œuvre d’un maître de la mise en scène. Lui qui se passionnait pour le théâtre – surtout pour celui de Pirandello et son Six personnages en quête d’auteur – aurait pu, à l’inverse, intituler ce qui s'est écrit à son éminent sujet, Six auteurs en quête d’un personnage.
En tant que député à l'Assemblée parlementaire au Conseil de l'Europe, le tessinois Dick Marty rédige en 2006 un rapport sur les prisons secrètes de la CIA en Europe. Des révélations qui éclaboussent les valeurs des démocraties occidentales dans leur lutte contre le terrorisme.
Le bestseller de John Berendt, Minuit dans le jardin du bien et du mal traduit en 23 langues et porté à l'écran par Clint Eastwood, a propulsé la tranquille ville de Savannah en Géorgie en haut lieu touristique. Immersion dans «la belle hôtesse du Sud» pour comprendre les raisons de ce succès littéraire phénoménal.
Nicolas Bouvier n’écrivait pas pour expliquer le monde, mais pour mieux l’habiter. Michel Le Bris, puis Patrick Vallélian, lui rendent hommage: parce qu’un jour, en lisant Bouvier, quelque chose s’est ouvert — et n’a plus jamais refermé.
L’un des plus fameux procès pour terrorisme postérieurs au 11 septembre contre une «cellule dormante» d’Al-Qaïda en Californie a été monté sur le témoignage d’un informateur peu fiable du FBI, décrit par sa propre mère comme un «sac à mensonges». Et ce n’est pas tout.
La discussion roule comme une vague immense. Jean Randier (1926-2003, capitaine au long cours, historien maritime spécialiste du cap Horn) est un authentique marin; ses commandements à la mer sont notoires et ses contributions à l’histoire maritime ne suscitent aucune controverse: ses références restent sans appel. Il est de ceux que l’on écoute.
C’est l’histoire d’une vie brûlée, de celle qui fonde les mythes. Nikita, la tueuse folle furieuse de Luc Besson? C’est elle. L’héroïne «absente» de L’Hyper Justine de Simon Liberati? C’est encore elle. La femme qui obsède une poignée d’enquêteurs depuis plus de trente ans? C’est toujours elle. Elle? C’est Véronique Troitsky dite Troy, alias Alexandra de Germont, alias Véronique Lebovici. Aventurière, mannequin, call-girl, braqueuse de pharmacie et, pour finir, agent secret.
Durant plusieurs mois, j’ai tenté d’entrer en contact avec Robert Cailliau, l’ingénieur belge à l’origine d’une invention qui a propulsé le monde dans une autre ère: le World Wide Web. Depuis, ce scientifique à la retraite du CERN a disparu des radars et s’est enfermé dans un silence obtus.
Thomas Drake est l'un des premiers lanceurs d’alerte des Services secrets américains, la NSA. Il a lancé l’alerte sur les dérives de l’Agence, un véritable travail de taupe mené durant plusieurs années, qui va bouleverser son existence… pour le pire. Rencontre avec un homme remarquable, brisé à tout jamais.
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Vingt et un ans après y avoir débuté comme stagiaire, je retrouvai le bureau de l'ambassadeur à Londres. Entre la remise de mes Lettres de créance à la reine et la tempête des fonds juifs en déshérence, je vécus six années au cœur d'une relation bilatérale aussi ancienne que discrète.
Bruno Giussani alerte sur un basculement majeur : l’information, hier produite par des humains, est désormais générée par des machines. Dans son Manuel de résistance à l’emprise technologique, il invite à reprendre la main sur nos outils, notre attention et notre souveraineté cognitive.
Je n’ai jamais cherché à donner à ma carrière l’allure d’une épopée. Je n’ai été ni le confident d’un dictateur ni l’artisan d’un tournant historique. Mais, de l’Amérique centrale en guerre à l’Unesco en mutation, de Berne en réorganisation à Londres au moment de Tony Blair, de la Genève internationale à la France de Jacques Chirac, j’ai traversé près de trente ans de diplomatie suisse en observant, en analysant, en racontant. Ce métier, que je considère comme un artisanat, m’a conduit des missions spéciales aux bons offices, des lettres de créance aux couloirs feutrés où se jouent parfois les relations entre États. Dans ce texte, je reviens sur ces années de terrain, de crises, de transitions et d’apprentissages, en tentant de dévoiler ce qu’est réellement une vie diplomatique.
En route vers l’Est, je découvre Melitopol, une ville suspendue dans le temps où se mélangent nostalgie soviétique et propagande pro-russe. La centrale nucléaire de Zaporijjia est proche, objet d'une dangereuse lutte d'artillerie entre Russes et Ukrainiens. Sur le front, je rejoins les cosaques du bataillon Tavrida, combattants endurcis à l’idéologie ambiguë.
À l’heure où la « post-vérité » s’impose comme une norme et où les faits eux-mêmes semblent négociables, un journaliste, un sociologue et une philosophe s’interrogent sur les fondements ébranlés de nos démocraties. Face à un monde où l’impact prime sur la véracité, où l’émotion l’emporte sur la raison, Matthew d’Ancona, Arnaud Esquerre et Myriam Revault d’Allonnes auscultent les mécanismes d’une époque fascinée par le vraisemblable. Leurs réflexions, lucides et inquiètes, invitent à repenser le rôle du savoir, de la parole et du courage intellectuel dans un temps où « dire vrai » relève presque de la résistance.
Dans Seul l’amour peut te briser le cœur, David Samuels retrace vingt ans de bouleversements médiatiques et culturels américains, mêlant portraits de stars et destins marginaux avec une lucidité implacable.
Ils s’appellent Max, Sabri et Greg. Trois volontaires français partis combattre en Ukraine, des idéalistes fascinés par le danger autant que par le sens de la justice. J’ai pris contact avec Max sur les réseaux sociaux, intrigué par ce militant venu de la gauche radicale et passé par le Rojava. Il m’a proposé de venir le rejoindre à Odessa. J’ai accepté.
L’Helvétie qui fête sa fête nationale chaque 1er août n’est pas un miracle, c’est un choix. Du coup de génie de Guillaume Tell aux glaciers qui fondent, découvrez comment ce petit pays mise sur le désir de s’entendre pour traverser ses plus grands défis.
Entre 1815 et 1914, quelque 7’600 mercenaires suisses ont servi dans l’Armée royale des Indes néerlandaises. En quête de travail et d’argent, ils ont ainsi soutenu l’expansion par la force du royaume colonial néerlandais dans l’actuelle Indonésie.
L’histoire de la Suisse est transnationale, mais aussi coloniale. Ainsi que l’a mis en évidence, il y a un demi-siècle déjà, Jacques Pous dans son livre sur Henry Dunant. Avant de cofonder la Croix-Rouge, le premier Prix Nobel de la paix en 1901 a été un colon affairiste en Algérie.
Entre 1857 et 1914, la Suisse s’est affirmée comme une puissance économique. Des hommes, des produits et des capitaux ont été exportés dans le monde entier, contribuant à un rapide enrichissement. Cette expansion s’est accompagnée d’une montée en puissance commerciale, diplomatique et militaire de la Confédération.
L’aventure entrepreneuriale de la famille DuBois au Transvaal illustre les rapports qu’a entretenus la Suisse avec l’impérialisme occidental dès le XIXe siècle. Une page sombre et méconnue de notre histoire nationale que les historiens tentent de reconstruire.
Pour l’historien Hans-Ulrich Jost, aucun doute. La Suisse a été un acteur de l’impérialisme en tant que partenaire économique majeur. Elle a su profiter du mouvement tout en évitant les désagréments politiques et militaires associés à la colonisation formelle. «Elle a très bien compris ce qu'elle faisait et pourquoi.»
Le Nidwaldien Alois Wyrsch a été le premier parlementaire de couleur de Suisse au XIXe siècle. Son père, Louis Wyrsch, a réprimé des révoltes anticoloniales en Asie du Sud-Est pour les Hollandais et, de retour en Suisse, a rédigé la Constitution fédérale de 1848. Et sa mère? Ibu Silla a été effacée de l'histoire de la fondation de la Suisse. On y revient ici sous forme de lettre personnelle.
Au moment où Anne Frank rédigeait son journal dans un réduit à Amsterdam, Iouri Riabinkine, un adolescent russe d’une quinzaine d’années, noircissait les pages d’un document exceptionnel, retrouvé sur le tard et publié par les Editions des Syrtes. «Le siège de Leningrad, journal d’un adolescent (1941-1942)» est le témoignage court et poignant qui témoigne des atrocités endurées par les Soviétiques pendant la guerre, au cours d’un épisode moins évoqué, le siège de l’actuelle Saint-Petersbourg. Quelques pages d’un document bouleversant à découvrir ici avant d’en prolonger la lecture dans le livre.
Pour l’historien Hans-Ulrich Jost, l’affaire des éoliennes fribourgeoises n’a rien de surprenant. «Ce mélange des intérêts privés et publics, ce soupçon de secret et ce manque de transparence, c’est simplement la marque de fabrique de la démocratie suisse. Sa force», analyse, sans langue de bois, l’auteur de très nombreuses recherches remarquées et remarquables sur la Suisse.
Qui sont ces citoyens qui, grâce à la Loi sur la transparence, ont rassemblé les documents de l’affaire fribourgeoise des éoliennes? Nous sommes allés à la rencontre de huit d’entre eux. Témoignages.
L’avocat fribourgeois David Ecoffey défend les intérêts des communes fribourgeoises dans l’affaire des éoliennes. Il témoigne de la guerre des nerfs, des pressions subies, du manque de transparence de l’Etat et des relations problématiques entre le gouvernement cantonal et Groupe E. Récit.
Depuis 2014, Sept a reçu plus d’une dizaine de prix de journalisme en Suisse et à l’international. Une fierté, et surtout une preuve que le journalisme du réel, lent, exigeant et profondément humain, a sa place. Merci à toutes celles et ceux qui nous lisent, nous soutiennent et croient en cette aventure éditoriale unique.
2019
Nomination True Story Award
Partenaire de la bourse Jordi pour le journalisme de qualité
2018
Lauréat du prix Louise Weiss catégorie «jeune journaliste»
Lauréat du prix Eco-reportages organisé par le Club de la presse de la Drôme
2017
Lauréat du Prix Cercle des médias de la French-American Foundation (Etats-Unis)
Finaliste des prix Média et Média Newcomer des Académies suisses des sciences
Nomination Prix franco-allemand du journalisme (catégories écrit et multimédia)
2016
Coup de cœur du jury de la troisième édition du prix femmes et médias
Prix Nicolas Bouvier, prix spécial du jury pour l’ensemble des productions
Finaliste Prix des Têtes chercheuses, prix d’entrepreneuriat en journalisme du Club de la Presse de Lyon
Nomination Swiss Press Photo
Nomination Prix Albert Londres
2015
Lauréat du Prix Média des Académies suisses des sciences
2014
Visa d’or Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée catégorie Magazine
Nomination Swiss Press Photo et Swiss Press Award
Enfance volée
À la maison, la bière remplaçait le lait, la colère tenait lieu de parole. Ma mère me battait, mon père regardait ailleurs, et le seul cœur fidèle battait dans le corps d’un chien noir nommé Blacky. Nous partagions les coups, la faim, les silences. J’ai grandi dans la peur, mais aussi dans la rage de vivre. J’ai connu les hôpitaux, les mensonges, l’école qui juge et les voisins qui détournent les yeux. Et pourtant, quelque chose en moi refusait de mourir...
Arrachée à son enfance par la guerre et la violence, Sigrid Bieri a traversé les ténèbres de l’Allemagne bombardée et des orphelinats suisses avant de trouver, dans la musique et la foi, une forme de paix intérieure.
Depuis 2014, Agir pour la dignité soutient et donne aux personnes ayant subi des placements forcés, des stérilisations contraintes ou des adoptions non choisies, ainsi qu’à leurs familles, les moyens de reprendre le contrôle de leur vie. Malgré les avancées, bien des défis attendent encore l’association.
Placée sous le signe de la maltraitance et de l’abandon, l’enfance d’Alain Meylan a été une succession de coups, d’humiliations et de privations. Arraché à ses parents instables et confié à une ferme, il y découvre la violence quotidienne, les punitions sadiques, l’indifférence des voisins et le mépris des autorités. Devenu adolescent, il affronte un père dépressif et brutal, avant de s’en libérer au prix d’épreuves extrêmes. Ces blessures, inscrites dans son corps et son esprit, l’accompagnent toute sa vie, mais ne l’empêchent pas de choisir le pardon. Alain se reconstruit en fondant sa propre famille, en s’engageant dans l’évangélisme et en consacrant son énergie aux plus fragiles. Son parcours témoigne d’une incroyable résilience: rendre le bien pour le mal et donner à d’autres ce qu’il n’a jamais reçu, l’amour, la dignité et la reconnaissance. C’est en 2021 qu’il se confie à Max Chamey, alors étudiant à l’Ecole Supérieure de bande dessinée et d’illustration de Genève.
Je n’avais que quelques années lorsque l’État m’a arraché à ma famille, au cœur des tourments de la Seconde Guerre mondiale. De la rue de la Ferme, où commençaient mes souvenirs d’enfance, aux orphelinats où l’on prétendait me remettre sur le « droit chemin », j’ai traversé la violence silencieuse des placements forcés qui ont brisé plus de 100’000 vies en Suisse. Entre l’absence de mes parents, la solitude, l’exil et la honte, cette enfance confisquée a façonné l’homme que je suis devenu. Aujourd’hui encore, huit décennies plus tard, j’en porte les cicatrices.
Pendant près d’un siècle, des milliers d’enfants ont été arrachés à leurs familles par l’État suisse, placés dans des foyers, des fermes ou des institutions. Officiellement, c’était «pour leur bien». En réalité, beaucoup ont vécu l’humiliation, la violence et l’abus. Un scandale trop longtemps tu.
Près de 11’200 victimes ont reçu une contribution de solidarité, qui symbolise la reconnaissance des injustices subies et l’expression de la solidarité de la société. Au-delà de ce geste, il s’agit de regarder en face l’histoire des enfants placés, de comprendre les mécanismes qui ont conduit à ces drames et de transmettre cette mémoire pour construire un avenir où la protection rime avec dignité et respect.
Né le 10 juin 1959 à Fribourg, Daniel Pittet connaît très tôt la dureté de la vie: ballotté entre foyers et familles d’accueil, il subit dès l’âge de neuf ans les violences sexuelles répétées d’un capucin. Pendant quatre ans, deux fois par semaine, puis quotidiennement durant les vacances, l’enfant vit l’enfer dans le silence, la honte et l’isolement. Longtemps marqué par ces blessures, il décide de témoigner publiquement. En 2017, il publie Mon père, je vous pardonne (Philippe Rey Editions), livre préfacé par le pape François, où il raconte son calvaire, mais aussi le chemin du pardon et de la reconstruction. Marié et père de six enfants, il s’engage pour que d’autres victimes puissent trouver une voix et une reconnaissance. Le 23 septembre 2023, il est ordonné diacre permanent, symbole d’une résilience nourrie par la foi et la volonté de transformer une enfance brisée en un engagement au service des autres. C’est en 2021 qu’il se confie à Elsa Bersier, alors étudiante à l’Ecole supérieure de bande dessinée et d’illustration de Genève.
Arraché trop tôt à son enfance, Irénée Pache fait partie de ces milliers d’enfants fribourgeois envoyés dans les fermes après la guerre pour servir de main-d’œuvre bon marché. Né en 1945, il découvre très jeune la dureté du travail et l’absence de douceur. Devenu adulte, puis surveillant de musée à Genève, il n’a jamais oublié ces années volées. Son témoignage, simple et bouleversant, éclaire le destin d’une génération d’enfants placés dont l’avenir s’est souvent perdu dans le silence.
Enfant placée dans une ferme fribourgeoise, Élisabeth Gillard a connu l’enfance volée, le travail forcé et le silence. Entre coups maternels et servitude rurale, elle apprend très tôt à encaisser, à protéger les plus petits, à survivre. Son témoignage éclaire la violence ordinaire subie par tant d’enfants oubliés de Suisse.
Une image vue à la télévision en 1986 m’a fait basculer : des guérilleros karens lavant le corps d’un des leurs, tué dans la jungle birmane. Je ne savais rien de ce conflit, ni même de ce pays, mais j’ai su que j’irais sur place. Quelques mois plus tard, jeune journaliste à Paris, je partais en free-lance vers ce maquis oublié.
En 2013, la journaliste de voyage Joanna Dunis a longé la mer Noire de l’Ukraine à l’Abkhazie, sur les traces d’un monde englouti. Un été avant que tout ne bascule.
Le Prix Fabrizio Calvi du roman graphique d’enquête 2026 a récompensé Le dernier costume n’a pas de poches, de Laurent Galandon et Paolo Castaldi, publié chez Futuropolis. En distinguant ce récit consacré à Chamesddine Marzoug, qui enterre dignement en Tunisie les migrants morts en mer, le prix salue une œuvre puissante, entre enquête, mémoire et humanité. Partenaire de cette première édition, Sept réaffirme son engagement pour la littérature du réel et les récits qui redonnent chair aux drames de notre temps.
Carnet en main, je débarque à Taïwan sans autre boussole que mes sens fatigués et une attirance ancienne pour les îles. Très vite, je comprends que Formosa ne se traverse pas, elle se négocie. Avec la pluie des typhons, les dieux des temples, la mer qui attire autant qu’elle effraie, et cette modernité disciplinée qui serre les villes avant de céder, soudain, à la forêt, aux montagnes et aux rivages volcaniques. Je voyage au rythme des rencontres, des processions, des silences et des corps éprouvés. Entre béton et cyprès millénaires, rites sanglants et baignades interdites, je marche dans une île peuplée d’esprits, où les vivants cohabitent avec les morts, et où chaque pas devient une tentative de fuite, d’écoute et d’abandon.
Avant que la route ne désenclave le Zanskar, je choisis l’hiver pour m’éloigner du monde. Pour atteindre ces hautes vallées himalayennes, je remonte le chadar, le fleuve gelé, je dors dans des grottes, je compose avec –35°, la peur et la beauté brute. Au bout de la glace, Phuktal: un monastère accroché à la falaise, et le gustor, fête religieuse comme une braise dans la neige.
En 2016, Matthieu Aikins, journaliste au New York Times Magazine, accomplit l’impossible : suivre, sans aide ni passe-droit, le parcours d’un migrant afghan vers l’Europe. Il raconte cette immersion dans la violence aléatoire de la migration clandestine et rend leur dignité aux migrants, ces ultimes aventuriers du XXIᵉ siècle.
« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait », écrit Nicolas Bouvier dans L’usage du monde. Une phrase qui résume à merveille l’expérience singulière d’Olivier Weber.
Il fut un temps où l’Amérique songea sérieusement à importer des hippopotames pour nourrir sa population. Une idée folle parmi d’autres chemins de traverse de l’histoire. Car, d’un rêve d’écolier devenu tour du monde en paquebot aux origines du sida nées d’une suite de hasards tragiques, nos récits rappellent combien une décision, une promesse ou une erreur peuvent infléchir le destin d’un homme — ou celui de millions.
Un gant oublié, un nom inscrit à l’encre. De la brume des fjords à la guerre dans l’Arctique, une poignée de main devient, cinq ans plus tard, le fil d’une histoire inattendue — entre ennemis, presque frères.
Pionnière du journalisme, l'intrépide Nellie Bly se lance dans un tour du monde. Nous sommes en 1899 et son périple la mène dans un premier temps chez un certain Jules Verne.
Pionnière intrépide, Titaÿna nous transporte à Téhéran, au cœur d'une cérémonie religieuse d’une violence hallucinée, révélant toute la puissance et l'ambiguïté d’un regard sans concession sur le monde. Entre fièvre du reportage et frissons d’effroi, plongez dans un témoignage captivant où l’Histoire s’écrit dans l’urgence et le tumulte.
En septembre 1938, Virginia Cowles assiste depuis Paris et Prague aux prémices tragiques des accords de Munich. Témoin direct du discours menaçant de Hitler à Nuremberg, des hésitations des diplomates français, et de la fébrilité d'une Prague cernée par la menace nazie, la reporter américaine décrit l'effroi d'une Europe prise au piège entre aveuglement diplomatique et montée inexorable du fascisme.
Le parcours d’un migrant est semé d’échecs successifs et de désespoirs renouvelés. Matthieu Aikins se retrouve coincé dans le camp de Moria, sur Lesbos, un cul de sac pour les migrants qui n’offre que peu d’espoir. Extrait des «Humbles ne craignent pas l’eau, un voyage infiltré» (Seuil/Sous-sol).
Le roi Amanullah croyait au progrès et voulait convertir son pays à la modernité, à l’industrialisation, aux modes européennes. Une transformation qui passera notamment par la construction d’une première ligne de chemin de fer à Kaboul.
Du bois de saule, un quintal de laine, des bandes de fixation en laine et en coton, des cordes de laine et de poils de chèvre, de la cotonnade rouge, de la soie blanche… Il nous a fallu un jour entier pour ériger la yourte ouzbèke achetée au chef du hameau de Tajcheshma, au nord de l’Afghanistan, pour le Musée d’histoire de Berne. Bien loin des deux heures nécessaires aux femmes de la région.
Libre, instruite, curieuse, l’écrivaine française Alexandra David-Néel (1868-1969) s’est imposée comme une femme d’une modernité déroutante. Si son nom est à jamais lié au Tibet, ce n'est pourtant qu'à 42 ans que l'ex-cantatrice s'embarque pour l'Asie y étudier le bouddhisme. Ses voyages, elle les a racontés dans une série de livres rassemblés en un seul volume sous le titre de «Grand Tibet et vaste Chine» (Plon, 1999). L'extrait que nous publions raconte son deuxième voyage en Chine de 1937 à 1946, pendant la guerre sino-japonaise.
Faire confiance aux passeurs n’est pas un choix mais une nécessité, sans jamais aucune garantie. Embarqués dans un bateau de fortune avec son ami afghan, le grand reporter Matthieu affronte les dangers de la mer. Extrait des «Humbles ne craignent pas l’eau, un voyage infiltré» (Seuil/Sous-sol).
Journaliste reporter et écrivaine infatigable, l'Américaine Martha Gellhorn (1908-1998) a sillonné les quatre coins d'un monde en guerre pour en révéler tout à la fois la beauté et la violence. Troisième femme d'Ernest Hemingway, elle a publié de son vivant deux recueils de ses articles parus dans les plus grands journaux de l'époque entre 1934 et 1985. Dans «Le monde sur le vif» (Le Sonneur, 2019), qui réunit des textes écrits «en temps de paix» pour reprendre ses propres mots, elle raconte, par exemple, un week-end dans la toute jeune Israël.
Andrée Viollis (1870-1950) était aussi célèbre qu’Albert Londres dans l’entre-deux-guerres. Collaboratrice des plus grands journaux français, elle fut une figure marquante du journalisme d'information et du grand reportage, ainsi qu'une ardente militante des plus grandes causes humaines, comme l'antifascisme ou le féminisme. Extrait de son livre «Seule en Russie» (Gallimard, 1927), sa première grande enquête au long cours qui s'attaque au grand mystère de l'Est de ces années-là.
La tragédie ouïghoure provoque l’effroi. Pourtant, ses signes avant-coureurs sont ancrés dans l’histoire de ce peuple lointain, aussi riche que méconnue. Quant à son patrimoine culturel, il est tout bonnement effacé petit à petit par Pékin. Comme à Kachgar dont la destruction de la vieille ville a été documentée par le photographe Werner Haug. Témoignage rare et exclusif.
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